Genèse
Au cœur de l’Europe, la Suisse est confrontée aux mêmes défis que cette dernière : accélération des changements économiques et sociaux, transition rapide vers une société fondée sur la connaissance et pressions démographiques résultant d’une population vieillissante exigent une nouvelle approche de l’éducation et de la formation, dans le cadre de l’apprentissage tout au long de la vie. Dans ce contexte, la Commission des Communautés européennes éditait, le 30 octobre 2000, le Mémorandum sur l’éducation et la formation tout au long de la vie, qui est devenu depuis la référence européenne.
Ainsi, depuis près d’une décennie, une définition commune oriente les politiques de formation continue : l’apprentissage tout au long de la vie concerne "toute activité d'apprentissage entreprise à tout moment de la vie, dans le but d'améliorer les connaissances, les qualifications et les compétences, dans une perspective personnelle, civique, sociale et/ou liée à l'emploi".
Dans le contexte des défis précédemment cités, l’apprentissage tout au long de la vie est clairement identifié comme l’un des leviers essentiels de croissance et de développement économique et social et s’est vu conféré une priorité élevée.
En mai 2006, le peuple suisse a accepté en votation populaire le nouvel article constitutionnel (64a) sur la formation continue. Cette décision fait notamment obligation à la Confédération de réglementer de façon globale, pour la première fois dans l’histoire du pays, le domaine de la formation continue. En avril 2008, le Conseil fédéral affiche sa volonté de le soutenir par des mesures appropriées (Politique de croissance 2008-2011).
C’est dans ce contexte que la Conférence romande de la formation continue a vu le jour : constatant la multiplicité et la diversité des acteurs concernés, la disparité des efforts réalisés et l’absence de réelle coordination, des responsables politiques, des responsables économiques, des responsables éducatifs ont décidé de réunir les forces, les points de vue, les réflexions, les expériences et les expertises dans un forum commun. Tous les secteurs, tous les publics, toutes les formes éducatives et tous les acteurs concernés sont ainsi prêts à coordonner leurs efforts à la poursuite d’un objectif commun.
Le 6 décembre 2007, la Conférence romande de la formation continue s’est donné, par la voix de ses membres et sur la base de ses statuts, une présidence, un comité et surtout des missions, fondées sur une analyse des besoins en matière de politique de formation continue en Suisse.
Constats
La formation continue a besoin
- d’être visible et connue de tous
- de couvrir tous les besoins
- de tous les adultes à tous les âges de la vie
- des mutations sociales
- des changements de l’organisation du travail
- du développement économique
- de la participation citoyenne
- d’être accessible à tous les publics
- quel que soit leur niveau de formation
- ou leurs conditions sociales
- d’être reconnue
- dans ses formes les plus diverses
- dans ses objets les plus variés
- dans la reconnaissance de ses certifications
- dans la création de passerelles entre les systèmes et les formes d’éducation
- de rechercher l’excellence
- par l’introduction et/ou le développement de contrôle de qualité incluant la professionnalisation des formateurs
- par une politique de qualité claire, transparente et dynamique
- de bénéficier des ressources financières adéquates,
- et selon des modèles de financement adaptés aux besoins de chacun (adultes, organismes de formation, entreprises, autorités)